Les amis du Sinagot

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Construire un Sinagot Jouet en bois

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Jean François nous propose deux solutions pour créer un Sinagot-jouet en bois

 

 le prototype 1 jpg

 

 

 

 

1ère  SOLUTION

 

 

 Prototype 1ère solution

 

Pour cette première solution, il faut disposer d’un établi fixe ou pliant avec un moyen de serrage, d’une scie sauteuse, d’une râpe à bois ou d’un rabot, de papier de verre moyen et fin et d’une pince avec un bec assez fin.

Soit au total des outils de bricoleur assez courants.


LA  COQUE

Il faut dessiner ou photographier le plan d’un sinagot vu verticalement, pour que cette représentation tienne en long
sur une feuille de papier de format A4.

Un sinagot réel avait une longueur d’environ 10 m, une coque de 28 cm de long le représentera à l’échelle du 1/35e assez courante en modélisme.

Collez cette feuille sur une plaque de carton, puis découpez la pour en faire un gabarit.

Reportez ce gabarit deux fois sur une planche de deux cm d’épaisseur et de 10 cm de large.

L’idéal serait du hêtre, mais du pin de qualité et bien sec convient aussi.

La première pièce sera la partie basse de la coque.

 

 

 

 

Avant d’en découper le contour, on peut amincir à la scie, au rabot ou à la ponceuse à bande l’épaisseur de cette pièce, pour qu’elle soit plus fine à l’arrière qu’à l’avant.

Le but étant que la coque vue de profil soit plus basse à l’arrière qu’à l’avant.

La seconde sera la partie haute, celle qui sera évidée pour figurer le bi (cabine avant) le plat bord et à l’arrière le banc du barreur.

 

 

 

 

 

Si on utilise du pin, bien vérifier qu’aucun nœud ne viendra enlaidir une partie non peinte de la coque.

Bien vérifier aussi que les quelques trous percés dans cette planche pour le passage de la lame de la scie sauteuse sont en limite des parties à préserver, sans y pénétrer.


Les deux parties découpées, il est plus facile avant collage, de poncer finement le futur pont (partie supérieure de la planche basse), et les flancs intérieurs de la planche haute.

 
Coller les deux pièces l’une sur l’autre. Utilisez une colle qui résiste à l’eau si vous pensez que ce jouet y sera un jour plongé.

 
Coupez à 45° la partie arrière de la coque car l’étambot des sinagots les plus récents était très incliné, pour que le gouvernail puisse favoriser la remontée au vent.

 
Donnez à cette coque sa forme définitive à l’arrière en particulier, par un dégrossissage au rabot ou à la râpe. Vérifiez bien que les deux cotés sont parfaitement symétriques.

 

 

 

Poncez l’ensemble avec du papier de verre moyen en supprimant « creux et bosses »  puis finissez au papier de verre fin.

Découpez la planchette représentant le banc qui soutient le grand mât, et creusez y la rainure semi-circulaire ou vient s’appuyer ce mât. Mais vous pouvez la coller à sa place après la mise en peinture seulement.

Pointez l’emplacement de chaque mât, et percez son emplacement suivant le diamètre choisi. (Voir le paragraphe sur "Mats et Vergues")

Tenir compte au perçage d’une légère inclinaison des mâts sur l’arrière du bateau

On peut, avec un gros cutter, sculpter le banc du barreur de manière à le descendre un peu en dessous du niveau
du pont arrière.

 


 

 

MISE  EN PEINTURE

Préparation

Pour un bon résultat, il faut un bon ponçage préalable, sinon les défauts du bois seront bien visibles, en particulier avec du pin. 

Un enduit préalable peut être utile.

Plusieurs couches de peinture seront nécessaires, avec un léger ponçage entre chaque couche.

Si le bois est beau, on peut le laisser à l’état brut à certains endroits : plancher et cloison du bi, plancher de la cale, banc du barreur    

Sauf pour quelques bateaux tardifs, la coque était peinte en noir, et le liston de couleur vive.

Le plus facile est de peindre la coque en noir, puis de masquer avec un papier collant les parties à laisser noires ou  
non peintes.

Rappel pour mémoire de la couleur des listons des grands sinagots qui parcourent actuellement le golfe et la baie de 
Quiberon :

  •  Mab er Guip :     rouge.       Basé à Port Anna.

  • Joli vent :             vert.          Basé à Port Anna.

  • Les trois frères :  bleu-ciel.   Basé à Port Anna.

  • Crialeïs :              bleu roi.    Basé à l’ile aux Moines.

  • Ma préférée :      jaune.       Basé à La Trinité.
     

    On peut utiliser de fines baguettes de noisetier,  écorcées ou des baguettes du commerce, en hêtre ou en sapin.

Le diamètre du 8mm est un peu fort pour les mâts comme celui de 6mm pour les vergues, mais il est facile de les amincir par ponçage et de leur donner ainsi une légère conicité.

On peut le faire à la main ou en introduisant la pièce de bois dans le mandrin d’une perceuse.

Pour un perçage bien centré des trous dans les différents espars il est bon de marquer l’emplacement du futur trou avec un outil pointu, la pièce étant bien calée dans un étau.



REALISATION DE DIVERSES FERRURES

 

Il faut réaliser cinq points de tenue des différents cordages :

      • Une amure de misaine (voile d’avant) au pied de son mât, et un autre « taquet » pour sa drisse sur le pont à tribord.

  • Une ferrure d’amure de taillevent (grand- voile) à l’avant du banc du mât. Une autre pour la drisse à bâbord.

  • Une ferrure pour l’écoute de taillevent sur à la poupe.

Il est possible de fixer un « rail d’écoute » à la poupe et de renvoyer celle-ci sur un plat bord.

Le plus facile est d’utiliser de petits clous.
On peut faire des sortes d’anneaux en coupant à la pince la tête de clous assez minces et en les repliant.
Pour bien positionner ces clous, il est utile de faire des avant-trous.
Pour ne pas casser des forets très fins on peut les remplacer par un clou sans tête de même diamètre.
On peut même se bricoler une « perceuse » faite d’un de ces clous fixé au bout d’un petit manche de bois.
On peut réaliser aussi de petites ferrures pour tenir les vergues et des rocambeaux (anneaux de métal) autour des
mâts si on dispose d’une pince aux mâchoires fines et arrondies.



LES  VOILES

 

(Cliquez  sur les liens suivants  pour visualiser les plans)

planvoiles1

 

planvoiles2

 
Les voiles tannées des sinagots sont d’une couleur brique plus ou moins foncée.

Il faut trouver du textile très fin, toile de coton, de lin ou de textile synthétique utilisé pour les spis. Pour le synthétique la couleur est brune, mais le tissu est brillant ce qui correspond mal aux voiles anciennes.

Sauf à découper une toile synthétique au fer chaud, il faut faire des ourlets cousus ou collés pour empêcher la toile de s’effilocher.

Une adroite couturière peut aussi représenter les longues coutures verticales qui unissaient les différentes laizes (bandes) de toile assemblées pour former une voile.

Une technique possible est de réaliser ces longues coutures sur le coupon de toile avant d’y découper les deux voiles.

Il est utile de marquer régulièrement puis de percer avec une forte aiguille ou un petit clou des avant-trous dans l’ourlet de la voile qui longe la vergue afin d’y passer ensuite facilement le transfilage qui fixera la voile à la vergue.

Faire de même pour les points d’écoute et d’amure de chaque voile.

Pour un objet décoratif plus que jouet confié à un enfant, il est possible de découper les voiles dans du papier Canson de couleur brique.

Il est alors utile de les renforcer par une petite ficelle collée à l’intérieur d’une pliure faite le long de chaque bordure de la voile. Prévoir alors une petite boucle dans la ficelle à chaque angle de la voile.

On peut y dessiner les laizes verticales des voiles et pourquoi pas des pièces d’un blanc écru qui simuleront des réparations dans les voiles.


 

 2ème SOLUTION

 

 

prototype  2ème solution

(Solution assez simple pour construire la coque si on ne dispose pas d'outils de menuisier.)


1. On commence par reproduire, en carton mince, un gabarit de la charpente axiale vue de profil : étrave, quille, étambot,
    emplacement du bi (cabine avant) et safran du gouvernail si, par simplification, on ne désire pas faire un safran articulé.

    Par simplification on trace le niveau du pont à la flottaison si elle existe sur le document dont on s'inspire

 

 

Les gabarits

 

 On trace aussi un gabarit d'une vue en plan au niveau du pont et un autre gabarit au niveau de la flottaison (voir photo ci-dessus)

 L'avantage des gabarits est de faire des demis-coques bien symétriques.

 


2.  On reporte le profil axial sur une plaque de contreplaqué mince ou de carton épais (on peut coller ensemble deux ou
     trois plaques prélevées dans un vieux calendrier de table)

 

  La charpente longitudinale et les 2 pièces de la demi-coque taillées dans de l'isolant rigide

 


3. On découpe cette charpente axiale au cutter en multipliant les passes, si on a choisi le contreplaqué (attention à bien
    protéger la table de travail avec une planche)

    Faire une petite saignée en V de chaque côté pour marquer la limite entre l’étambot et le gouvernail.  (Voir photo de la 
    charpente longitudinale)

    On peut aussi faire un montage avec des petites lattes de bois collées ensemble et sur le gabarit.



4. Sur cette structure axiale, on collera deux demi-coques taillées dans une plaque d'isolant rigide en plastique.




Demi-coque en cours de finition

Pour l’échelle du 1/35e deux tranches de 20mm d’épaisseur sont nécessaires : une pour la partie sous-marine, et une au-dessus de la flottaison.

On utilise alors les deux autres gabarits de découpe : un pour chaque tranche vue en plan.

La tranche supérieure doit aussi être « creusée » pour représenter l’intérieur du bateau, mais en conservant le volume du bi (cabine avant)

La découpe se fait très facilement avec un gros cutter bien affuté dont la lame est sortie du manche de 4 à 6 cm. MAIS IL FAUT SE MONTRER PRUDENT, et faire ce travail à la place d’un enfant.

5. On peut ensuite superposer et coller les deux tranches de chaque demi- coque et les amener à leur forme définitive par
    enlèvement de minces copeaux de matière.  (voir photo de la demi coque de finition)
   
    On peut finir par un ponçage avec du papier de verre fin collé sur une bande de carton

    Vérifier que les deux demi coques sont bien symétriques, avant de les fixer sur la charpente centrale avec une colle qui  
    résiste à l’eau si on envisage de faire naviguer la maquette.
 
    Dans ce cas il faut prévoir une quille assez profonde et lestée.

    Attention à certaines colles dont le solvant peut détruire vos demi-coques en plastique.

6. Certains renforcent cette coque par le collage de plusieurs couches de papier kraft imbibé de colle à bois. Mais il faut un
    léger ponçage entre chaque couche préalablement séchée si on veut un aspect agréable et régulier de la coque. Le 
    travail va alors se prolonger sur plusieurs jours. 

7. A ce stade on peut peindre la coque. Pour ma part j’utilise des restes de peinture, avec un ponçage au papier de verre
    fin entre chaque couche, pour obtenir un fini satisfaisant, et ensuite l’application de deux couches de peinture noire mat  
    avec une bombe.

    Il est prudent de le faire en extérieur, ou de protéger le plan de travail avec du papier journal

8. On colle ensuite de petites lattes qui représentent les planchers et la cloison du bi

9. Une solution est de se procurer des petites baguettes qui servent à remuer le café des distributeurs automatiques. (voir 
    photos du prototype)
   
    Le meilleur résultat, et le plus simple, et de coller les planchettes sur une plaque de bristol ou de carton mince de la  
    bonne taille et de coller l’ensemble sur le plastique.Prévoir de réserver l’emplacement du mât de misaine.

    D’autres planchettes de bois plus larges (bâtons de sucettes) sont collées de la même façon pour représenter le  
    plancher du bateau, et le banc du barreur.

    Ajuster leur profil avec une grosse lime à ongles jetable, ou un morceau de papier de verre fin collé sur une chute de 
    carton épais.

10. Réaliser dans une planchette, ou des bâtons de sucettes superposés le banc central qui tient le grand mât, sans
     oublier d’y tailler le demi-cercle de passage de ce mat.

     Le coller à sa place, ou le fixer avec de petits clous à travers le bordage.

11. Pour renforcer la tenue des mâts dans la coque on les perce à la base en leur centre, on y pace un clou mince sans
     tête et on plante le tout dans un trou de même diamètre réalisé dans la charpente centrale, au fond des trous 
     rectangulaires de calage des mâts.

12. La réalisation des voiles ne change pas.

     Sur la photo du prototype les voiles rouges, comme celles qui figurent sur les plaques de rues à Séné, sont sans ourlet, 
     enduites de colle à papier peint, et simplement renforcées aux angles par de petites pièces collées.

      (voir photo  ci-dessous)

  

 Vue détaillée



POUR FINIR,  NE PAS OUBLIER

  •  De prendre une photo de cette réalisation et de l’expédier aux Amis Du Sinagot.
  •  D’aller observer les derniers sinagots emblématiques du golfe, que plusieurs associations s’efforcent d’entretenir et de
      faire naviguer.

 

 

   

 

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