OUEST FRANCE parle de la Semaine du Golfe

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Semaine du Golfe. Des assos solidaires pour préparer la Semaine du Golfe

  • Les associations du patrimoine maritime ont décidé d'oeuvrer ensemble sous un même toit pour restaurer de vieux voiliers. Le travail ne manque pas avant la Semaine du Golfe.
  • Les associations du patrimoine maritime ont décidé d’oeuvrer ensemble sous un même toit pour restaurer de vieux voiliers. Le travail ne manque pas avant la Semaine du Golfe. | OF.

Patrick CERTAIN.


Les associations du patrimoine maritime ont décidé d’oeuvrer ensemble sous un même toit pour restaurer de vieux voiliers. Le travail ne manque pas avant la Semaine du Golfe.

Reportage

Au fond du Golfe du Morbihan, la ferme de la Villeneuve ressemble en ce moment à une fourmilière qui se réveille à l’approche du printemps. Car cette ancienne colonie de la Ville de Vannes dans les années soixante-dix, livrée ensuite à des squatters, a changé de vocation depuis qu’en 2011 son propriétaire, le conseil général, a concédé son usage à l’association Voiles et patrimoine du Golfe.

Une dizaine de bateaux

Après une remise en état des lieux, ici, à l’abri derrière les hauts murs de pierre, avec pour panorama l’Ile d’Arz et la rivière de Noyalo, c’est une flottille d’une dizaine de bateaux qui est préparée pour participer à la prochaine Semaine du Golfe, du lundi 11 au samedi 17 mai.

« Nous travaillons dans un esprit communautaire, de partage à la fois de nos matériels, de nos questionnements et de nos expériences. Près d’une cinquantaine de personnes fréquentent régulièrement la Villeneuve », explique Jean-Pierre Journeau, président de Voiles et patrimoine du Golfe.

Au total, six autres associations y entreposent aussi leur matériel : les Amis du sinagot, la Yole Mor Bihan, les Amis de Kerarden, les Copains sinagots, le Corbeau des mers et même les Finistériens de Spered ar Mor, du Guilvinec.

Mutualisation des moyens

Là où jadis étaient entreposées des machines agricoles se côtoient désormais des voiles de langoustier, des mâts de sinagot, des avirons de yole, des cordages de cotre ou encore des godilles de plate. Une machine à coudre a été récupérée, reste à trouver une bonne couturière pour réparer certains gréements…

« Tout est bien répertorié. Il n’y a pas de risque de confusion entre les différents bateaux et associations. Les voiles sont pendues dans les greniers, à l’abri de l’humidité et des souris. Un hangar est dédié à la menuiserie. Un autre espace est consacré à la mécanique », assure Jacky Urbinatti, le tout nouveau président des Amis du sinagot.

Cette cohabitation autour du patrimoine maritime est devenue un véritable atout. « Il existe une mutualisation des moyens et un réel esprit d’entraide et de solidarité entre tous. Ici tous les niveaux sociaux sont réunis sans qu’on les voit et même qu’on les connaisse. Chacun apprend ou transmet un savoir », souligne Pascal Février, ardent défenseur du patrimoine maritime au-delà du Golfe.

Menuisier à la retraite, Jean-Marie Debailleux confirme : « Bien sûr il faut être bricoleur dans l’âme. Mais lorsqu’on fait appel pour un chantier spécifique, il y a toujours des volontaires qui n’y connaissent rien ou pas grand chose. Ils ont soif de progresser, chacun à son rythme, chacun en apportant ses compétences et surtout sa bonne volonté. » Et c’est ainsi que sont nés quatre mâts de sinagot, naturellement en bois, à partir de poteaux électriques…

Les femmes aussi

« Le monde de la voile traditionnelle est essentiellement masculin mais des femmes font partie de nos associations, tient à préciser Jacky Urbinatti. Elles participent aux travaux. Certaines sont même plus accros que des hommes. Elles savent apporter leur part d’animation quand nous prenons nos repas en commun lors des journées de chantier. Et sur les yoles, elles rament tout autant. »

A la Villeneuve, certains bateaux de ces associations soeurs ont encore des allures d’épaves. Comme ce goémonier du Guilvinec ou un canot de la Marine nationale qui devront encore attendre quelque temps pour participer à une prochaine Semaine du Golfe.

Mais il y a aussi des embarcations que des particuliers, membres de ces associations, restaurent pour leur propre compte. « J’ai récupéré une plate d’un pêcheur du Golfe qui allait mourir sur une vasière. Avec l’outillage de la Villeneuve, j’ai refait l’étrave, les membrures et les bordées. La prochaine étape sera le calfeutrage et la peinture », raconte Régis Lemonnier, des Amis du sinagot. C’est grâce à cette solidarité maritime qu’est sauvé et entretenu le patrimoine du Golfe.

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